Les yourtes
Les yaks au bord du lac KarakulA peine remises de notre rencontre avec les chameaux chinois, nous voilà reparties pour faire connaissance avec les yaks et les yourtes des montagnes. Nous reprenons la route à bord de la vieille Volkswagen de Jack à l'assaut des gorges du Ghez, du plateau du Pamir et du lac Karakul qui culmine à 3600m d'altitude.
Un peu d'histoire et de géographie
La route de Karakoram (route que nous avons prise) fut empruntée pendant des siècles par les caravanes de la route de la Soie qui souhaitaient rejoindre le Pakistan par le col de Khunjerab (4800m). Sans aller jusqu'au Pakistan, nous avons emprunté une partie de cette route pour rejoindre le lac Karakul, situé à la frontière sino-tadjike. Cependant l'endroit (et plus généralement la région) est majoritairement peuplé de Kirghizes.
La famille et sa yourte
Après 4-5h de route, des paysages magnifiques, une température qui commence à sérieusement se rafraichir et un contrôle de police qui se passe bien, nous voilà arrivées au lac Karakul. Le temps est couvert mais le paysage n'en demeure pas moins impressionnant.
Jack nous emmène dans la yourte où nous devons dormir et nous faisons connaissance avec la famille qui va nous héberger: le père, la mère, les enfants et les grands-parents. On nous propose du thé que nous n'osons pas refuser tellement le froid nous glace les os. Ce thé est un peu spécial car on nous le sert avec du lait de yak: salé mais très bon et puis ça réchauffe bien. Nos hôtes approvisionnent le poêle avec du bois, du charbon et des crottes de yak séchées. Le père de la famille en profite pour essayer de nous vendre des souvenirs: statuettes, bijoux, tissus faits main...
L'ambiance était très marrante car la communication était extrêmement difficile: Valérie et Claire Marine parlent un peu mandarin, moi pas du tout et la famille le comprend un peu mais ne le parle pas; ils parlent un dialecte local que Jack comprend et parle, donc il nous sert d'interprète dialecte-mandarin ou dialecte-anglais pour moi. Jack est chinois né dans le Xinjiang, il parle donc plusieurs dialectes, le mandarin et baragouine l'anglais.
Comme vous vous en doutez ces personnes sont très pauvres, les fillettes ont des chaussures déchirées ou ouvertes avec des chaussettes par -10 degrés, la mère n'a pas de manteau et passe son temps dehors à s'occuper des animaux ou à laver ses filles. Drôle de remarquer que dans ce contexte, on aperçoit dans la yourte des brosses à dents à côté de l'évier, seul point d'eau de la yourte. Il y a aussi un peu d'électricité puisqu'une unique ampoule trône au milieu de la pièce. Ils ont la peau très foncée, les yeux peu bridés et ressemblent beaucoup plus à des Indiens de la montagne, à des Tibétains ou à des Afghans qu'à des Chinois. Leurs joues sont rougies et irritées par le froid.
Comme dans tout le Xinjiang, ces minorités sont musulmanes. La femme porte donc un léger foulard noué autour de ces cheveux, n'a pas le droit de fumer (contrairement à son mari qui se roule des cigarettes à base de je-ne-sais-quoi) et s'occupe de tout dans la maison (le repas, les enfants, la vaisselle...). Très belle et courageuse, nous avions beaucoup d'admiration pour cette femme.
Une fois réchauffées, nous décidons d'aller faire le tour du lac. Emmitouflées dans nos parkas, bonnets et gants nous partons en ballade. Personne à l'horizon, nous apercevons vaguement des yaks au loin. Le paysage est magnifique et le temps commence à se dégager. Nous approchons les yaks, peu craintifs: le calme et la sérénité règne. Nous ne cessons de nous émerveiller devant le paysage et ses couleurs changeantes. Le lac n'est pas encore complètement gelé (seulement sur les bords), mais selon Jack, ça ne serait tarder et dans une semaine il deviendra difficile d'accéder au lac; les routes seront fermées.
De retour à la yourte, nous discutons et jouons avec une petite fille, pendant que la plus âgée fait ses devoirs. Le repas préparé par la mère et délicieux et nous dinons tous ensemble, autour du poêle au milieu de l'unique pièce de la yourte. Le soleil se couchant tôt, l'heure de dormir est venue. Comme le poêle va s'éteindre bientôt, il nous faut nous couvrir chaudement pour passer la nuit sereinement. Nous étalons différentes nattes et couvertures pour nous isoler du sol en béton. Emmitouflées dans nos duvets et dans plusieurs couvertures, nous entamons la nuit.
Un peu d'histoire et de géographie
La route de Karakoram (route que nous avons prise) fut empruntée pendant des siècles par les caravanes de la route de la Soie qui souhaitaient rejoindre le Pakistan par le col de Khunjerab (4800m). Sans aller jusqu'au Pakistan, nous avons emprunté une partie de cette route pour rejoindre le lac Karakul, situé à la frontière sino-tadjike. Cependant l'endroit (et plus généralement la région) est majoritairement peuplé de Kirghizes.
La famille et sa yourte
Après 4-5h de route, des paysages magnifiques, une température qui commence à sérieusement se rafraichir et un contrôle de police qui se passe bien, nous voilà arrivées au lac Karakul. Le temps est couvert mais le paysage n'en demeure pas moins impressionnant.
Jack nous emmène dans la yourte où nous devons dormir et nous faisons connaissance avec la famille qui va nous héberger: le père, la mère, les enfants et les grands-parents. On nous propose du thé que nous n'osons pas refuser tellement le froid nous glace les os. Ce thé est un peu spécial car on nous le sert avec du lait de yak: salé mais très bon et puis ça réchauffe bien. Nos hôtes approvisionnent le poêle avec du bois, du charbon et des crottes de yak séchées. Le père de la famille en profite pour essayer de nous vendre des souvenirs: statuettes, bijoux, tissus faits main...
L'ambiance était très marrante car la communication était extrêmement difficile: Valérie et Claire Marine parlent un peu mandarin, moi pas du tout et la famille le comprend un peu mais ne le parle pas; ils parlent un dialecte local que Jack comprend et parle, donc il nous sert d'interprète dialecte-mandarin ou dialecte-anglais pour moi. Jack est chinois né dans le Xinjiang, il parle donc plusieurs dialectes, le mandarin et baragouine l'anglais.
Comme vous vous en doutez ces personnes sont très pauvres, les fillettes ont des chaussures déchirées ou ouvertes avec des chaussettes par -10 degrés, la mère n'a pas de manteau et passe son temps dehors à s'occuper des animaux ou à laver ses filles. Drôle de remarquer que dans ce contexte, on aperçoit dans la yourte des brosses à dents à côté de l'évier, seul point d'eau de la yourte. Il y a aussi un peu d'électricité puisqu'une unique ampoule trône au milieu de la pièce. Ils ont la peau très foncée, les yeux peu bridés et ressemblent beaucoup plus à des Indiens de la montagne, à des Tibétains ou à des Afghans qu'à des Chinois. Leurs joues sont rougies et irritées par le froid.
Comme dans tout le Xinjiang, ces minorités sont musulmanes. La femme porte donc un léger foulard noué autour de ces cheveux, n'a pas le droit de fumer (contrairement à son mari qui se roule des cigarettes à base de je-ne-sais-quoi) et s'occupe de tout dans la maison (le repas, les enfants, la vaisselle...). Très belle et courageuse, nous avions beaucoup d'admiration pour cette femme.
Une fois réchauffées, nous décidons d'aller faire le tour du lac. Emmitouflées dans nos parkas, bonnets et gants nous partons en ballade. Personne à l'horizon, nous apercevons vaguement des yaks au loin. Le paysage est magnifique et le temps commence à se dégager. Nous approchons les yaks, peu craintifs: le calme et la sérénité règne. Nous ne cessons de nous émerveiller devant le paysage et ses couleurs changeantes. Le lac n'est pas encore complètement gelé (seulement sur les bords), mais selon Jack, ça ne serait tarder et dans une semaine il deviendra difficile d'accéder au lac; les routes seront fermées.
De retour à la yourte, nous discutons et jouons avec une petite fille, pendant que la plus âgée fait ses devoirs. Le repas préparé par la mère et délicieux et nous dinons tous ensemble, autour du poêle au milieu de l'unique pièce de la yourte. Le soleil se couchant tôt, l'heure de dormir est venue. Comme le poêle va s'éteindre bientôt, il nous faut nous couvrir chaudement pour passer la nuit sereinement. Nous étalons différentes nattes et couvertures pour nous isoler du sol en béton. Emmitouflées dans nos duvets et dans plusieurs couvertures, nous entamons la nuit.

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