jeudi 30 avril 2009

Xinjiang JOUR 0 - Préparation de notre voyage

Une danseuse traditionnelle dans le restaurant ouïghour de Shanghai

A droite, près de la mer: Shanghai
A gauche: la région du Xinjiang (province autonome comme le Tibet et la Mongolie Intérieure)

La région du Xinjiang et les endroits que nous allons visités: Ürumqi (capitale de la région), Le bassin de Tourfan (ou Turpan), Kashi (ou Kasghar), la ville la plus occidentale de Chine, carrefour des civilisations, Le lac Karakul et les yourtes à la frontière tadjik et le désert de Taklamakan.

L'idée de ce voyage
Avant même d'arriver en Chine, l'idée d'un tel voyage en Asie Centrale ou en Mongolie me tentait vraiment. Au départ, j'étais partie sur l'idée du Transmongolien (branche du Transsibérien qui passe par la Mongolie), mais je me suis rendue compte que ce voyage nécessitait pas mal de jours pour pouvoir en profiter. A cela se rajoutait les problèmes de visas (pour la Mongolie, pour la Russie et pour pouvoir re-rentrer en Chine) et le coût très élevé d'un tel voyage. Je me suis donc rabattue sur la Mongolie, mais le problème du visa demeurait. J'ai donc pensé à la Mongolie Intérieure (province autonome de Chine ne nécessitant pas de visa). Enfin, j'en ai discuté avec une fille qui finissait son séjour en Chine et rentrait en France; elle avait beaucoup voyagé et m'a recommandé la région du Xinjiang plutôt que la Mongolie Intérieure. A partir de ce moment (fin août), je me suis renseignée sur cette région et suis tombée amoureuse des photos de paysages. De là, il ne me restait plus qu'à organiser ce voyage.

L'organisation
En en discutant autour de moi, Claire-Marine et Valérie étaient intéressées. J'étais assez contente car je ne souhaitais pas vraiment faire ce voyage toute seule.

Valérie nous a alors parlé de Dana: une jeune femme chinoise, d'origine kazakhe dont la famille habite encore la capitale du Xinjiang (Ürumqi). Nous décidons de l'inviter à dîner (à la maison) pour qu'elle nous donne des conseils. Le dîner se passe très bien et elle veut vraiment nous aider. Elle nous parle d'un ami à elle agent de voyages qui peut nous aider et nous réserver nos vols. Nous la remercions et lui expliquons que nous préférons nous organiser sur place, par contre nous sommes plutôt intéressées pour les billets d'avion. Le lendemain, Dana nous appelle: elle avait eu son ami et nous propose les billets d'avion un peu moins cher que sur Internet. Nous la remercions et acceptons. Quelqu'un vient me livrer les billets d'avion à la maison en échange de l'argent: tout est en ordre, ce sont bien les bonnes dates et nos noms... Tout commence plutôt bien.

Avant notre départ, Dana souhaite nous faire découvrir la cuisine de sa région et nous propose un dîner dans un restaurant ouïghour. Nous nous régalons te l'invitons pour la remercier de toute son aide. Elle nous explique alors que son frère viendra nous chercher à l'aéroport et que sa famille peut nous loger. Les bonnes nouvelles continuent...

A la recherche d'un équipement: Décathlon made in China
Maintenant que tout est réglé, il nous faut nous équiper pour affronter le froid qui s'annonce dans la région. En effet, fin octobre, le froid commence à s'intensifier et les cols commencent à être fermés. Après quelques tentatives dans des marchés chinois mais sans grand succès, nous nous résignons à aller chez Décathlon. Equipées d'une doudoune, de chaussures, gants, d'une écharpe et d'un jogging, nous voilà parées pour le grand froid.
Au final le Décathlon de Shanghai ressemble trait pour trait à un Décathlon français, les prix y sont, en moyenne, moins élevés.

Xinjiang JOUR 1 - Ürumqi

Barbecue devant le restaurant où nous avons mangé

Le restaurant ouïghour

Vendeur de pain, confiture, lait dans ces bidons métalliques

Une des places principales d'Ürumqi: le grand bazar et l'architecture ouïghoure soumise à l'invasion de KFC et Carrefour (en sous-sol)
La famille de Dana

C'est aujourd'hui que nous démarrons notre voyage dans le Xinjiang. Je suis assez excitée de partir à la découverte de cette région. Les photos et les informations que j'ai lues me font rêver...

L'accueil
Nous nous retrouvons toutes les 3 à l'aéroport de Shanghai. Le vol est assez long (pour un vol intérieur), car notre voyage fait partie des plus grandes distances à l'intérieur de la Chine. Après 4H30/5H de vol, nous arrivons à l'aéroport d'Ürumqi. Nous récupérons très rapidement nos sacs et nous dirigeons vers la sortie.
Petite anecdote sur les vols intérieurs chinois: Une fois les bagages récupérés, des employés de l'aéroport sont chargés de vérifier que nous prenons bien nos bagages et pas ceux d'un autre passager (vérification des numéros de bagages). A la sortie, le frère de Dana nous attend avec une pancarte au nom de "Valérie". Nous voilà rassurées et entre de très bonnes mains. Il nous emmène dans l'appartement où nous allons logées. Nous comprenons alors qu'en fait c'est un appartement qui appartient à l'une de leur soeur qui vit aux Pays-Bas. Personne n'y vit en ce moment, ils nous ont remis le chauffage et nous pouvons l'occuper pendant notre séjour dans la région. Il nous emmène ensuite dans un restaurant typique (décoration+nourriture) et nous explique que ce soir nous sommes conviées à rencontrer sa mère et leur famille dans l'appartement de sa mère. Il est très gentil mais ne parle pas anglais. Je ne peux donc pas communiquer avec lui, heureusement que Claire-Marine et Valérie sont là. Il nous montre la ville et le Grand Bazar. Il a passé l'après-midi avec nous, ce que nous avons beaucoup apprécié.

La ville
Au cours de cet après-midi, nous avons donc fait le tour de la ville, mais Dana nous avait prévenu: il n'y a pas grand chose à voir et à faire à Ürumqi. Cependant, nous sommes assez surprises par ce qui nous entoure. Nous n'avons pas du tout l'impression d'être en Chine, mais plutôt dans un pays d'Asie Centrale musulman. Les habitants n'ont quasiment pas les yeux bridés, leur peau est foncée, ils portent les chapeaux typiques des musulmans et la plupart des femmes sont voilées. Attention: le Xinjiang est une province musulmane à caractère autonome de la Chine, mais ils ne sont pas intégristes et nous ne voyons pas de femmes voilées de la tête aux pieds. Cependant on se rend compte que c'est musulman car le soir nous voyons plus d'hommes que de femmes (qui sont rentrées chez elles). Les gens sont surpris de nous voir dans la région et surtout à une telle période où il commence à faire froid: ils nous dévisagent mais ont le regard plus amusé que méfiant.

Le dîner avec la famille de Dana
Avant de nous rendre au dîner, nous nous arrêtons acheter des fleurs pour la maman. Nous nous rendons chez elle et sommes accueillies bras ouverts. On nous offre le thé, des gourmandises salés, pain traditionnel et fruits secs; nous pensons donc que nous sommes venues pour le goûter, ce qui tombe très bien car nous avons mangé tard. En fait c'était un peu leur équivalent d'apéro et nous attendais un vrai repas à base de julienne de légumes frits dans l'huile, boeuf séché puis cuit et fruits secs. C'est une des soeurs de Dana qui vit avec sa mère et ses 2 enfants qui s'est occupée de la cuisine.
Ces personnes ont été très chaleureuses et accueillantes malgré d'énormes barrières de langue.

La famille de Dana est issue de la minorité Kazakhe qui, en Chine, vit majoritairement dans la région du Xinjiang en raison de la proximité géographique de la région avec le Kazakhstan. La maman parle Kazakh, Ouïghour mais pas mandarin et anglais. Le frère et la soeur parlent les 2 dialectes et le mandarin; quant aux 2 petits-enfants adolescents, ils parlent le Kazakh pour communiquer avec leur grand-mère, mandarin qui est la langue de l'enseignement à l'école et l'anglais qu'ils apprennent en cours. Comme toute famille qui reçoit des étrangers, la mère pousse sa fille de 13 ans à nous parler anglais pour pratiquer. A notre grande surprise, elle parle très bien anglais (mieux que nous à son âge), elle a l'air très studieuse. Une fois sa timidité mise de coté et l'anglais dérouillé, elle nous parle comme à des copines et nous discutons de nos goûts musicaux, elle nous demande même "C'est qui votre acteur préféré?".

Après le dîner, nous passons au salon pour prendre le dessert: fruits et fruits secs. Nous faisons quelques photos pour garder un souvenir de cette rencontre. La maman nous donne des doggy bags de fruits secs et de gâteaux pour notre petit-déjeuner du lendemain et nous prenons un taxi pour rejoindre l'appartement.

J'ai été très touchée par la simplicité et la gentillesse de ces personnes: une très belle rencontre.

Xinjiang JOUR 2 - Marché de Turpan

Les couleurs des épices d'Asie Centrale

Un habitant de Turpan

Le bébé d'une marchande de tissus


Le plus beau des sourires - Confection de bouchées à l'agneau

Le programme d'aujourd'hui: une journée d'excursion à Turpan.

Turpan
Turpan se situe à 2h30 de bus d'Ürumqi. C'est une oasis en plein désert. Sur le chemin, on s'en rend bien compte: l'autoroute construite entre Turpan et Ürumqi est une route unique traversant un désert à perte de vue.

Les raisins
Turpan est réputée pour ces raisins. L'oasis bénéficie d'un climat très particulier qui permet l'exploitation des vignes. Une fois le raisin récolté, la spécialité de la ville est le raisin sec: le marron, le vert... Nous avons même eu l'opportunité (en poussant une porte) de visiter un petit entrepôt dont l'entreprise exporte en Asie et en Europe la production de la région.

Le marché
Mais c'est au marché que nous nous sommes arrêtées dès notre arrivée. Ce fut l'un de nos premiers contacts avec les marchés locaux. Première surprise: les visages et les couleurs...

Nous avons eu la chance d'avoir un super temps lors de cette journée et de découvrir le côté moins touristique de la ville: les vignes, les enfants qui courent partout, l'homme qui lave son jean dans l'eau de la rivière, les papys discutant au soleil devant une mosquée abandonnée... C'est sur les coups de 21H que nous rentrons à Ürumqi avant de nous envoler pour Kasghar et le dépaysement.

mercredi 29 avril 2009

Xinjiang JOUR 2 - Turpan et ses raisins

Les enfants de Turpan

Le raisin sèche au soleil

Une usine d'exportation de raisins pour le monde entier: des méthodes encore assez archaïques

La lessive entre femmes au bord du cours d'eau

Notre moyen de locomotion local

lundi 27 avril 2009

Xinjiang JOUR 2 - Les ruines de Jiahoé

Les ruines de Jiahoé

Nos ombres

Les ruines de Jiahoé

Petite pause au milieu du paysage désertique

Valérie dans le tchouk-tchouk qui nous a ramené

Un peu d'histoire
Les ruines de Jiahoé sont les vestiges d'une ville qui fut, sous la dynastie Tang (618-907), une place forte de 5 000 habitants.
Elles se situent à 10km de Turpan et ça aurait été dommage de ne pas y faire un saut. L'endroit est désertique, c'est le cas de le dire. Ces vieilles pierres ont pu être préservées grâce à la sécheresse qui règne dans le coin. Cela ressemble à un village troglodyte... Soleil au beau fixe et désert à perte de vue...

Après une heure et demie de ballade au milieu des ruines, nous rentrons à bord d'un tchouk-tchouk.

Xinjiang JOUR 3 - Ürumqi / Kasghar / Désert

Aéroport de Kasghar
La VW de Jack

Le coton récolté

Un maître endormi...

Les hommes au diner

C'est le matin de bonne heure que nous quittons l'appartement de la soeur de Dana à Ürumqi, direction l'aéroport pour prendre un vol pour Kasghar.

Aéroport de Kasghar
Environ 2 heures d'avion séparent Kasghar d'Ürumqi. Quand nous atterrissons à Kasghar, sur le tarmac, on a juste l'impression d'avoir atterries au milieu de nulle part: 2 comptoirs d'enregistrement, 1 poste de sécurité, une porte d'embarquement et le désert à perte de vue...

Jeunes filles cherchent John's Café désespérément
Nous grimpons dans un taxi pour le John's Café, café cité dans nos guides comme offrant un très bon accueil et organisant des excursions dans le coin (notamment la nuit dans une yourte au bord du lac Karakul). Manque de chance le John's Café est fermé et nous demandons à notre taxi (très gentil) de nous emmener au Caravane Café. De là nous trouvons un hôtel et nous tombons sur Jack! Notre sauveur, mais nous ne le savons pas encore. Il nous propose de nous faire découvrir la région avec au programme les excursions que nous souhaitions faire (le lac Karakul et le désert de Taklamakan). Nous réfléchissons un peu, négocions et acceptons. Nous partons dès la fin d'après-midi pour le désert de Taklamakan.

La route vers le désert
A bord de sa vieille Volkswagen, nos sacs à dos dans le coffre, nous partons à la rencontre des chameaux chinois... Sur la route nous croisons des paysages très arides, des ânes et des camions remplis de coton fraîchement récolté.

Le dîner
Après 3H30 de route, nous voilà arrivés dans un petit village où nous allons dîner. Il fait nuit noire, nous ne sommes pas trop rassurées mais Jack nous emmène dans un boui-boui local où tout le village est réuni pour dîner. Tout le village...sauf les femmes ! Nous dînons donc avec ces hommes, jeunes pour la plupart, que nous faisons beaucoup rire (ils ont l'air très curieux de nous voir dans le coin). Notre repas fini, nous rejoignons la ferme qui élève les chameaux (là où nous allons dormir). Les chiens (sensés protéger les exploitants de la ferme) nous font très peur, d'autant plus que nous attendons un bon moment avant que l'on vienne nous ouvrir la grille. Au dodo tout le monde...La ballade à dos de chameaux ce sera pour demain.
PS: Au départ nous voulions dormir dans le désert, mais vu l'heure à laquelle nous sommes arrivées, ce n'était pas vraiment possible et nous avons bien fait d'y renoncer.

lundi 13 avril 2009

Xinjiang JOUR 4 - Ballade à dos de chameau dans le désert de Taklamakan (matin)

Lever de soleil

Mon chamelier

Le désert à perte de vue

Claire-Marine et Valérie


Réveillées de bonne heure, nous admirons le lever du soleil sur les dunes du désert de Taklamakan.

Après quelques tergiversations sur le prix de notre escapade, nos guides préparent les chameaux pour une ballade de 3 heures. Les paysages alternent entre sable à perte de vue et végétation désertique.
La ballade se passe plutôt bien, nos chameaux sont dociles dans l'ensemble (à l'exception du chameau de Valérie qui embête celui de Claire-Marine, ces chameaux sont un couple :)) et le silence nous laisse le soin d'admirer le paysage. Nous avons même fait une course de chameaux: c'était très drôle.
Contente de notre ballade, mais pleines de courbatures aux adducteurs, nous rentrons au campement pour mettre les voiles et rentrer vers Kasghar.

mardi 31 mars 2009

Xinjiang JOUR 4 - Marché (après-midi)

Le barbier en pleine activité

Un petit morceau de viande ou de tissu?

Le sourire des ados

Ane et son propriétaire

Fruits et légumes
De retour vers Kasghar, nous nous arrêtons sur un marché local. Viande à l'air libre, barbiers, cordonniers... Un vrai bonheur d'observer la vie traditionnelle de ces habitants.

lundi 30 mars 2009

Xinjiang JOUR 5 - Kasghar / Lac Karakul

Dégustation du thé au lait de yak: le père de famille, Claire-Marine et Jack (notre guide)

La mère de famille remplissant le poêle avec des crottes de yak

La petite fille studieuse

Les yourtes

Les yaks au bord du lac Karakul

A peine remises de notre rencontre avec les chameaux chinois, nous voilà reparties pour faire connaissance avec les yaks et les yourtes des montagnes. Nous reprenons la route à bord de la vieille Volkswagen de Jack à l'assaut des gorges du Ghez, du plateau du Pamir et du lac Karakul qui culmine à 3600m d'altitude.

Un peu d'histoire et de géographie
La route de Karakoram (route que nous avons prise) fut empruntée pendant des siècles par les caravanes de la route de la Soie qui souhaitaient rejoindre le Pakistan par le col de Khunjerab (4800m). Sans aller jusqu'au Pakistan, nous avons emprunté une partie de cette route pour rejoindre le lac Karakul, situé à la frontière sino-tadjike. Cependant l'endroit (et plus généralement la région) est majoritairement peuplé de Kirghizes.

La famille et sa yourte
Après 4-5h de route, des paysages magnifiques, une température qui commence à sérieusement se rafraichir et un contrôle de police qui se passe bien, nous voilà arrivées au lac Karakul. Le temps est couvert mais le paysage n'en demeure pas moins impressionnant.
Jack nous emmène dans la yourte où nous devons dormir et nous faisons connaissance avec la famille qui va nous héberger: le père, la mère, les enfants et les grands-parents. On nous propose du thé que nous n'osons pas refuser tellement le froid nous glace les os. Ce thé est un peu spécial car on nous le sert avec du lait de yak: salé mais très bon et puis ça réchauffe bien. Nos hôtes approvisionnent le poêle avec du bois, du charbon et des crottes de yak séchées. Le père de la famille en profite pour essayer de nous vendre des souvenirs: statuettes, bijoux, tissus faits main...
L'ambiance était très marrante car la communication était extrêmement difficile: Valérie et Claire Marine parlent un peu mandarin, moi pas du tout et la famille le comprend un peu mais ne le parle pas; ils parlent un dialecte local que Jack comprend et parle, donc il nous sert d'interprète dialecte-mandarin ou dialecte-anglais pour moi. Jack est chinois né dans le Xinjiang, il parle donc plusieurs dialectes, le mandarin et baragouine l'anglais.
Comme vous vous en doutez ces personnes sont très pauvres, les fillettes ont des chaussures déchirées ou ouvertes avec des chaussettes par -10 degrés, la mère n'a pas de manteau et passe son temps dehors à s'occuper des animaux ou à laver ses filles. Drôle de remarquer que dans ce contexte, on aperçoit dans la yourte des brosses à dents à côté de l'évier, seul point d'eau de la yourte. Il y a aussi un peu d'électricité puisqu'une unique ampoule trône au milieu de la pièce. Ils ont la peau très foncée, les yeux peu bridés et ressemblent beaucoup plus à des Indiens de la montagne, à des Tibétains ou à des Afghans qu'à des Chinois. Leurs joues sont rougies et irritées par le froid.
Comme dans tout le Xinjiang, ces minorités sont musulmanes. La femme porte donc un léger foulard noué autour de ces cheveux, n'a pas le droit de fumer (contrairement à son mari qui se roule des cigarettes à base de je-ne-sais-quoi) et s'occupe de tout dans la maison (le repas, les enfants, la vaisselle...). Très belle et courageuse, nous avions beaucoup d'admiration pour cette femme.

Une fois réchauffées, nous décidons d'aller faire le tour du lac. Emmitouflées dans nos parkas, bonnets et gants nous partons en ballade. Personne à l'horizon, nous apercevons vaguement des yaks au loin. Le paysage est magnifique et le temps commence à se dégager. Nous approchons les yaks, peu craintifs: le calme et la sérénité règne. Nous ne cessons de nous émerveiller devant le paysage et ses couleurs changeantes. Le lac n'est pas encore complètement gelé (seulement sur les bords), mais selon Jack, ça ne serait tarder et dans une semaine il deviendra difficile d'accéder au lac; les routes seront fermées.

De retour à la yourte, nous discutons et jouons avec une petite fille, pendant que la plus âgée fait ses devoirs. Le repas préparé par la mère et délicieux et nous dinons tous ensemble, autour du poêle au milieu de l'unique pièce de la yourte. Le soleil se couchant tôt, l'heure de dormir est venue. Comme le poêle va s'éteindre bientôt, il nous faut nous couvrir chaudement pour passer la nuit sereinement. Nous étalons différentes nattes et couvertures pour nous isoler du sol en béton. Emmitouflées dans nos duvets et dans plusieurs couvertures, nous entamons la nuit.

Xinjiang JOUR 6 - Retour Lac Karakul / Kasghar

Les montagnes de la frontière sino-tadjike au lever de soleil


Lac Karakul (3600m d'altitude) et montagnes

Les femmes du marché d'Upal

La foire aux animaux: un mouton ?

Après une nuit difficile (peu de sommeil, natte peu confortable, alternance de chaud/froid), nous nous réveillons tranquillement et je décide d'affronter le froid glacial pour sortir regarder le lever du soleil sur les montagnes et le lac. Le silence régnait, rompu par les clapotis de l'eau du lac. Une certaine sensation d'immensité m'envahit et je ne pensais à rien d'autre que la beauté du paysage.
De retour dans la yourte, notre hôte nous avait préparé du thé au lait de yak. Le père de famille ressort les bijoux qui m'avaient plu la veille et on continue à négocier tous les deux un bracelet et un collier que je finis par acheter.

La yourte se vide car les fillettes partent à l'école à dos d'âne. Une école? Au milieu de ces paysages? Et oui, Jack (notre guide) m'explique que l'hiver venu, quand il fait vraiment très froid (à partir de fin octobre-début novembre), la famille quitte sa yourte pour rejoindre une maison familiale au village à quelques kilomètres en contrebas. C'est dans ce village que les fillettes vont à l'école.

Il est l'heure pour nous aussi de repartir vers Kasghar car 4-5h de route nous attendent. Sur notre chemin du retour nous nous arrêtons au marché d'Upal. Comme dans tous les marchés que nous avons arpentés, l'agitation règne et la poussière nous gratte la gorge. Un petit jus de grenade (de vraies grenades pressées) nous remet en forme et nous essayons de nous frayer un chemin au milieu des bestiaux. C'était la première fois que nous voyions une partie du marché consacrée entièrement à la vente de bétail, ça ressemblait plus à une foire. Il y avait tout type d'animaux: chevaux, ânes, moutons, chèvres... qui nous bousculaient et nous marchaient sur les pieds (heureusement que ce sont les chèvres et non les chevaux qui nous marchaient dessus!). Comme d'habitude dans cette région de la Chine, les gens nous regardent amusés et étonnés de voir des Européennes dans cette région de Chine, dans ce petit marché et à cette période de l'année. On a même essayé de me vendre un mouton...

C'est en fin d'après midi que nous atteignons Kasghar et rejoignons l'hôtel-auberge que nous avions trouvé. Hôtel recommandé par le Lonely Planet, qui nous semblait bien mais où la compagnie des blattes nous a un peu refroidies.

jeudi 26 mars 2009

Xinjiang JOUR 7 - Visite de Kasghar

Fabrication traditionnelle du pain

La mosquée de Kasghar (refaite à neuf)

Arabe, Chinois, Anglais: de quoi en perdre son latin !

Une vieille maison de Kasghar découverte au fond d'une ruelle en poussant une porte

Les ruelles de Kasghar: marchands de pères en fils

Après nos 4 jours de périple entre le désert et les monts frontaliers d'Asie centrale, nous voilà de retour à Kasghar avec la ferme intention d'y passer la journée.

Un peu d'histoire
Kasghar se situe à la lisière de la Chine. Du fait de sa position stratégique à la croisée des chemins, la ville fut pendant 2000 ans un lieu d'échanges et de conflits entre les différentes cultures de la région (Kazakh, Kirghize, Tadjik et Ouïghour). Elle fut le point névralgique de la route terrestre de la Soie (rencontre entre les routes septentrionale et méridionale de la Soie contournant le désert du Taklamakan).

La mosquée
Nous avons visité la mosquée de Kasghar, très belle en extérieur mais pauvre et défraîchie à l'intérieur. L'extérieur a été récemment rénové grâce à des fonds du gouvernement chinois. On peut donc lire à l'entrée de la mosquée que "le gouvernement promeut la diversité des cultures et respecte chacune des religions et des communautés constituantes de l'identité chinoise": un peu de propagande ne fait pas de mal dans ce grand pays communiste qui pendant longtemps à renier les religions (rappelons que le Xinjiang est une province autonome comme le Tibet et la Mongolie Intérieure).

La vieille ville
Nous sommes parties à la découverte de la vieille ville. Une partie est devenue payante (la région essaie tant bien que mal de profiter du tourisme), une autre non. Nous nous sommes perdues dans les ruelles sombres du vieux Kasghar, semblables aux ruelles des médinas du Maghreb. Le Xinjiang étant une région musulmane et Kasghar étant très proche du Kazakhstan, du Kirghizistan, du Tadjikistan et de l'Afghanistan, les femmes sont toutes voilées (plus qu'à Urumqi): elles portent un premier voile (comme on le voit au Maghreb) et sur le dessus un épais morceau de tissu marron qui leur cache le visage. Elle voit l'extérieur à travers les mailles de ce tissu mais nous, nous ne pouvons pas voir leur visage.
Certaines ruelles grouillent de vie et dans d'autres le silence règne. Nous avons vus des enfants qui courent partout, des marchands ambulants, des familles qui font du pain frais (un pain traditionnel plat qui ressemble à du pain turc ou libanais).
Au détour d'une ruelle nous sommes tombées sur une école, le surveillant nous a laissé entrer. Les enfants courraient partout, étaient très étonnés et curieux de nous voir, mais parlaient suffisamment anglais pour nous demander d'où l'on venait et de les prendre en photo. Assez surprises, ce fut une expérience très drôle car on était vraiment encerclées par les enfants qui nous ont montré leurs classes: une école normale au milieu d'une vieille ville traditionnelle et sale sous un soleil de plomb.

Mao et Kasghar
La première chose qui frappe quand on arrive au Xinjiang et en particulier à Kasghar, c'est qu'on a pas l'impression d'être en Chine mais on se sent vraiment dans un pays musulman d'Asie centrale. Ceci dit, Mao est là pour nous rappeler que le Xinjiang est bel et bien en Chine et soumis à l'autorité de Pékin malgré son statut de province autonome. A l'école tous les élèves portaient le foulard rouge de Mao autour du cou et une imposante statue de Mao trône sur la place centrale de la nouvelle ville de Kasghar.

Dans l'ensemble nous avons trouvés que les habitants de l'Ouest du Xinjiang étaient plus propres et moins bruyants que les Chinois (notamment lorsqu'ils mangent).

Il est aussi drôle de constater que tous les panneaux signalétiques sont écrits en chinois et en arabe (les deux étant illisibles pour nous).